14/09/2004

De retour !!!!

Longue absence, mais qui se justifie par le long post que voici !

 

Les nouvelles de I sont bonnes, même si le séjour ne répond pas encore vraiment à l’attente... Nous verrons bien où nous allons... Et le week-end avec mon petit bout a été fabuleux... faut entendre la demoiselle raconter l’histoire du comte de Monte-Cristo au Château d’If (qu’elle a visité...)... A quatre ans (et demi, sisisisi elle y tient !!), ça promet !

 

Mais surtout, la vraie raison de ce long silence : Carnet de lecture !

 

« La Conspiration des ténèbres » de Theodore Roszak.

 

Comme d’habitude : petit résumé puis la suite, qui risque d’être longue, il y a beaucoup à dire...

 

L’histoire donc : Jonathan, le narrateur, jeune étudiant naïf, sans vrai but ni objectif précis tombe un peu par hasard dans le milieu du cinéma d’auteur et, du même coup, amoureux de Clare, une femme de 15 ans son aînée qui dirige d’une main de fer une petite salle indépendante à LA.

 

A son contact, Jonathan développe son sens critique, sa sensibilité, son esprit d’analyse envers ce qui n’est encore, au début des sixties, qu’un pur divertissement, un art mineur : le cinéma...

 

Il en fera l’objet de sa thèse, ouvrant la voie, même si c’est de façon téléguidée par Clare, à l’ouverture du monde universitaire à la culture pop... Au centre de ses études, un obscur réalisateur d’origine Allemande, Max Castle. Considéré avant l’âge de 20 ans comme un génie du cinéma, il connut une longue dégringolade et mourut en 1941 dans le naufrage d’un navire torpillé dans l’atlantique.... Si Jonathan se passionne pour Castle, c’est par pur hasard... Oublié de presque tous 20 ans après sa mort, Castle ne subsiste que par quelques rumeurs... Quand Jonathan et Clare exhument de façon fortuite un des ses films quasi inédit, c’est le choc. Ce qui s’annonce comme une minable série B se révèle un chef d’oeuvre. De fil en aiguille, Jonathan retrouve d’autres vestiges, rencontre des participants aux tournages (actrice, caméraman,...) et découvre des faits étranges : le pouvoir d’attraction quasi hypnotique de ces films, le malaise, le sentiment de dégoût qu’ils provoquent, tout cela, mais aussi les étapes étranges et les secrets de la vie de l’homme et de la carrière du cinéaste...

 

C’est un thriller, donc je ne vais pas plus loin.

 

Au final ? Un livre touffu, bourré de thèmes forts, d’analyses idéologiques et politiques de l’art populaire. Et un regard presque sociologique sur l’évolution de notre société asservie au divertissement... Cela en fait-il un bon livre pour autant... Ben honnêtement, je ne me précipiterais pas pour le conseiller... Touffu, certes, mais à la limite de l’indigeste parfois... Quelques moments très prenants, mais des longueurs indéniables... Bref, à moins d’être vraiment passionné de cinéma...

 

Mais à côté de cela, quelques réflexions qui donnent à penser...

 

Comme l’interaction de l’artistique et du politique... C’est un mariage qui dure de tout temps... Mais les progrès de la démocratie, donnant la parole à la masse, est allé de pair avec les divertissements de masse. Le livre cite d’ailleurs une thèse qui lie l’avènement du nazisme allemand et les films, nombreux à l’époque, qui se basent sur le thème du mal comme outil de contrôle des foules. En résumé (à la très grosse louche), les allemands, abreuvés de ces films, étaient « programmés » à suivre les directives d’un maître hypnotiseur moustachu...

 

Bien sûr, sans aller aussi loin, on ne peut qu’admettre que le cinéma est, comme tout média, susceptible de façonner son époque. Comme aujourd’hui la télévision... Sans tomber dans la psychose des messages subliminaux, on sait que la répétition d’un message influence son récepteur... La publicité ne fonctionne d’ailleurs, dans pas mal de cas, que par ce biais... De l’influence, on peut imaginer tomber assez vite à la manipulation... On ne s’étonne d’ailleurs pas que, pour prendre un exemple connu, l’armée américaine prête son concours et ses moyens à de nombreux films qui mettent en avant de bien belles valeurs patriotiques...

 

Le cinéma est encore plus pernicieux, d’après les thèses présentées ici, parce qu’il englobe la totalité de l’attention du spectateur. La salle est noire, l’esprit est entièrement occupé par ce qu’on lui présente, il est donc en totale attente, en pleine réceptivité...

 

Assez cyniquement, la télévision a réussit à s’implanter au coeur même des habitations... On ne s’étonne plus d’entendre la direction de TF1 avouer, mais qui en doutait, que leur métier est de vendre du temps de cerveau disponible...

 

Voilà... Bien sûr, tout cela est à prendre avec un peu de recul... Sans diaboliser les producteurs de médias (je ne crois pas vraiment aux grands complots... j’ai du mal à imaginer des groupes d’hommes capables de s’organiser en secret... quand je vois le bordel que sont les entreprises...) mais sans non plus tout rejeter en bloc... Les manipulations médiatiques sont des faits, et on ne peut que regretter que nos civilisations démocratiques, basées sur la participation, ne consacrent en fait aucun temps à l’éducation aux médias... Serait-ce un signe ???? La vérité est ailleurs !!!!! J


14:45 Écrit par M | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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