07/10/2004

Lis, c'est du Belge...

Relations d’Incertitude, de Elisa Brune et Edgar Gunzig.

 

Etrange Roman, écrit à quatre mains... On commence par le pitch ?

 

Hélène, journaliste scientifique débutante (tiens, c’est aussi le métier d’Elisa Brune) rencontre Edgar G., professeur de physique à l’ULB (tiens, c’est également le métier d’Edgar Gunzig)... Un peu par hasard, ils décident de préparer un article, ou un livre, enfin, quelque chose qui vulgarise les théories cosmologiques d’Edgar...

 

Au fur et à mesure de leurs rencontres hebdomadaires, Hélène va pousser son interlocuteur vers des ouvertures de plus en plus profondes sur sa propre expérience, sa vie, son trajet...

 

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le trajet fut assez mouvementé... Naître en pleine guerre d’Espagne de parents membres des Brigades Internationales, ça part fort... Vivre, petit enfant juif de 4 ans, en Belgique sous l’occupation, on tient le rythme... Parents résistants, mère toujours active et père déporté, un héritage un peu lourd... Orphelin à la fin de la guerre, on peut espérer revenir à plus de calme, mais c’est sans compter sur la foi inoxydable de sa mère envers la doctrine communiste qui la pousse à tout quitter pour retourner vivre en Pologne avec son fils. En pleine période stalinienne, tant qu’à faire.

 

On passe sur les péripéties pour revenir en Belgique, les papiers, le mariage en blanc, pour arriver à la période tranquille où le professeur de physique à l’Université pense être un peu tranquille... Jusqu’au jour où il est arrêté en Inde pour un cambriolage qui a eu lieu pendant qu’il était aux Etats Unis...

 

Bref, cet homme tranquille, qui n’a jamais cherché à se mettre en danger ou à courir l’aventure se retrouve, en quasi permanence, dans des situations catastrophiques...

 

Ces rencontres, au fur et à mesure, vont permettre à cet homme de se re-connaître, d’apprendre à regarder sa propre vie, à la re-penser...

 

C’est un beau roman initiatique. Dans la grande tradition de ce genre de livre, le héros est jeune, naïf, et grandit au fur et à mesure de ses aventures. Ici, on refait le chemin à l’envers... L’homme a un passé, un vécu. Et il doit redécouvrir ses peurs, sa vie, pour être enfin en paix... Avec lui même, avec son passé et surtout avec sa famille...

 

A côté de cette exploration de soi-même, les discussions entre les deux personnages enveloppent les découvertes, ou théories cosmologiques d’Edgar. Heureusement, tout cela est présenté, comme si les auteurs suivaient les mêmes objectifs que leurs personnages (tiens, c’est ... enfin, vous avez compris...), c’est à dire à la portée du non spécialiste en physique quantique...

 

Alors... Et bien j’ai aimé... Parce que tout cela est prétexte à explorer des thématiques qui résonnent beaucoup pour le moment. Comme la répétition des scénarios de vie, comme la prédestination apparentes des membres d’une même famille à revivre les mêmes événements, à quelques années d’intervalle...

 

C’est aussi un livre qui met en avant un vrai truisme, à savoir qu’on ne sait jamais vraiment qui sont les gens qui nous entourent, surtout ceux que l’on aime et que l’on côtoie. Edgar et sa mère passent l’un à côté de l’autre. Et Edgar reproduit le même schéma avec son propre fils... Chacun a un regard sur l’autre, une grille d’interprétation. Et ce regard change l’autre, ses actes ou la perception que l’on en a (ce qui revient au même...)... Tout comme en physique quantique, le principe d’incertitude nous apprend que le simple fait d’observer change ce que l’on observe... Comme si l’univers avait laissé l’empreinte de ses mécanismes les plus subtils dans notre propre façon de fonctionner...

 

Passionnant aussi le concept du bootstrap... Imaginons un enfant un peu malin... Il va voir son père et lui dit « Papa, je peux aller au cinéma ? Maman est d’accord !! » Après avoir reçu le OK du père, il va voir sa mère et lui dit la même chose... Et le tour est joué... En partant du principe que l’objectif était atteint, on crée les conditions nécessaires à sa réalisation... Comme quand, dans le conte, le Baron de Munchausen se sort des marais en tirant sur ses propres bottes... Le système est fermé, il contient son origine, sa cause en lui même... Et si l’univers, au lieu de débuter au big-bang, comme un miracle venu d’on ne sait où, contenait, grâce aux vertus du champs quantique, sa propre origine et ses propres composantes... Je ne me risquerai pas à refaire la démonstration de mémoire, mais j’avoue que la théorie a au moins le mérite de l’élégance... Ce qui est un joli début ! J

 

Bref, en mêlant des réflexions sur l’étude de l’univers et celle de l’Homme, d’étranges symétries apparaissent. Ce qui nous ramène à l’éternel « tout est dans tout » du Pendule, mais c’est une autre histoire... J

17:46 Écrit par M | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

just un p'tit coucou ...;-) et bonne soirée :-)
bizzzzzzz

Écrit par : bio | 07/10/2004

bonjour :-) j'ai pensé à toi ...à vous deux.... ce matin :-))...on a parlé de Madagascar à la télé ....
c'est super beau et sauvage comme endroit ......:-)))
bisous et bonne journée ...

Écrit par : bio | 08/10/2004

HELLO Salut,

Bon, surfant sur le net à la recherche d'un physicien de l'ULB, je tombe sur une page de ton blog. Étonnant ce journal public.
Je suppose que tu es Thomas, sans en être sûr, car les éléments autobiographiques décodables sont très minces.
Allez, j'ajoute mon grain de sel (c'est la première fois que je lis un blog).
J'ai bien aimé ta relation des Relations d'Incertitudes — c'était mon indice! — ; on peut la publier dans le magazine littéraire.
PS: y a un suspense madagascarien, surtout pour toi; mais nous lecteurs? comment peut-on y être associé? (Une photo de l'envolée? une citation? quelques éléments concrets? Je ne sais...)
À plus.
A.

Écrit par : Alexandre Wajnberg | 11/10/2004

passage ici trouvé où le bouquin?

Écrit par : maeva | 11/10/2004

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